Et pour faire bonne mesure
Par cette signature, (Bernard Kouchner pour le gouvernement français) la France renie une nouvelle fois sa tradition républicaine. En 1875, la IIIe République a proclamé la liberté de l’enseignement supérieur, mais dès 1880, à l’initiative de Paul Bert et de Jules Ferry, elle a réservé l’attribution des titres universitaires aux seules universités publiques. En 1984, le Conseil d’État a estimé que ce principe du monopole d’État de la collation des grades universitaires s’imposait même au législateur. Sarkozy et son équipe n’ont que faire de ces principes.
Un tel accord, passé à la date anniversaire des déclarations du Président de la République quant à la supériorité du curé sur l’instituteur pour l’enseignement de la morale, met en cause l’identité même de notre enseignement supérieur. Il pose de très sérieuses questions qui devraient être débattues publiquement. Par exemple : Un État étranger peut-il désigner des établissements français en capacité de délivrer des diplômes français ? Le Ministre des Affaires Étrangères aurait-il désormais compétence pour gérer l’enseignement supérieur français ? etc…..
J’espère que le mouvement laïc français portera fort la contestation de ce qui constitue une régression historique de l’indépendance de l’Etat par rapport à une Eglise.