Faut-il mesurer moins d'un mètre soixante-huit pour figurer derrière Nicolas Sarkozy ? C'est la consigne qui aurait été donnée jeudi dernier lors de la visite du chef de l'État dans l'usine Faurecia de Caligny, dans l'Orne. Le président de la République était venu rencontrer les salariés de l'équipementier automobile et présider une table ronde consacrée au soutien à l'activité et à l'emploi.
"Tout a été extrêmement cadré et défini pour la visite du président, y compris la taille des personnes devant figurer derrière lui sur l'estrade", affirme au point.fr José de Sa Moreira, délégué syndical central de Faurecia (CFDT). D'après lui, les employés ne devaient pas excéder une taille d'un mètre soixante-dix. Cette mise en scène a été révélée par la RTBF, la télévision belge, dont le correspondant Jean-Philippe Schaller, a décrypté les coulisses de la visite du locataire de l'Élysée. Dans le reportage diffusé samedi, c'est une salariée vêtue d'un tablier blanc qui confirme avoir été retenue pour sa petite taille. "On m'a dit que vous avez été choisie sur un critère de taille. Est-ce que c'est vrai ?", demande le journaliste belge. "Oui", répond cette femme. "Il ne faut pas être plus grand que le président ?", insiste le journaliste. "Voilà", répond l'employée.
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Nicolas Sarkozy aurait également refusé d'enfiler les équipements de protection de rigueur à l'intérieur de l'usine, comme la blouse et les chaussures de sécurité. "On nous a fait comprendre que le président portait des talonnettes et qu'il était hors de question pour lui de mettre autre chose", explique le délégué CFDT José de Sa Moreira. Et de poursuivre : "Nicolas Sarkozy est très exigeant. Plein de petites choses ont été fixées en vue de sa visite. Mais nous ne sommes pas capables de tout vérifier, car les renseignements généraux et la préfecture chargés de travailler avec la direction de Faurecia n'ont pas communiqué là-dessus."
Chez Faurecia, la polémique agace. "Je ne vois pas où est le problème. Nicolas Sarkozy voulait être entouré lors de son allocution devant les salariés. J'ai sélectionné des personnes juste en vue d'une image télévisuelle", explique Thierry Lemane, le responsable communication qui a organisé la visite du chef de l'État à Caligny. Interrogé sur le refus du président de revêtir les équipements de sécurité, Thierry Lemane élude la question : "Moi-même, je ne les avais pas sur moi. Nicolas Sarkozy n'est pas venu dans un coin à risques." "C'est totalement saugrenu et grotesque", réagit de son côté l'Élysée.