Christian Maes, du MRC, candidat aux européennes sur la liste de « Debout la République »
Le fait que la République ne soit d’aucun bord arrange bien Christian Maes. Son parti, le MRC emmené par Jean-Pierre Chevènement, n’ayant pas réussi à nouer d’alliance à gauche, voilà le conseiller municipal qui trouve à droite une place pour les européennes.
C’est sous la bannière de Debout la République, de l’ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan, que le conseiller municipal roubaisien partira à la conquête d’un siège au parlement européen. Pas de changement de conviction opportun ni de risque de « dissidence » vis-à-vis de sa formation. « Je ne renie pas ma formation », insiste-t-il. Il s’engage donc « à titre personnel », même s’il sait déjà « les coups qu’on va me porter » du fait de cette incartade, et se réjouit d’avoir trouvé une possibilité de défendre les thèmes qui lui sont chers : le respect du « non républicain qui a recueilli 60 % à Roubaix », le fait de « laisser vivre les nations », la laïcité, le refus d’une « globalisation libérale », la défense des services publics et le fait de voir l’Europe s’occuper avant tout de grands projets et pas du détail de la vie des citoyens. Bref, un projet « qui défend une vision sociale et offensive de la France en Europe ».
Tout ceci, Christian Maes ne le trouve pas dans les autres partis politiques qui, à l’entendre, monopolisent le débat et le placent sous l’étouffoir pour ne rien changer à l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui. Du coup, Thierry Grégoire, conseiller municipal du Touquet et tête de liste pour la région nord-ouest de Debout la République précise : « L’enjeu n’est pas un vote sanction. Il faut élever le débat pour exprimer notre différence fondamentale. » Une différence qui, à entendre Thierry Grégoire, serait volontairement mise dans l’ombre. « Les sondages nous donnent 1 % mais ils sont bidonnés. Nous serons la surprise de ce scrutin. » Il faudra d’abord aller à la rencontre des électeurs, qui ne seraient pas fondamentalement emballés par les élections européennes. « On prédit 70 % d’abstention. On est là pour informer les gens, pour leur dire qu’on n’est pas contre l’Europe mais pour qu’elle soit différente. » Cela passerait par un nouveau traité, la suppression de la commission, remplacée par des agences thématiques, par un « protectionnisme adapté » qui permettrait de « niveler par le haut » les conditions de vie dans les états membres. Un message qui sera porté lors de prochaines réunions publiques, par exemple « dans les bistrots, le parlement du peuple » et localement par une association, Union citoyenne, qui « dépassera le cadre des européennes ».
Le détail des listes a été présenté hier, en fin de journée. Christian Maes y occupe la septième place. Jean Netchenawoé, ancien colistier du conseiller municipal roubaisien et candidat aux législatives lors des deux derniers scrutins sera quant à lui quinzième. •
MARC GROSCLAUDE, La Voix du Nord