NPA: trop de courants, et c'est la panne
La nouvelle organisation anti-capitaliste aurait le vent en poupe. Pourtant, les opposants à la majorité emmenée par Olivier Besancenot décrivent un parti qui perd ses nouveaux militants et dont le fonctionnement ressemble trait pour trait à celui de la LCR !
Survendu, le NPA ? Survendu, Olivier Besancenot ? Depuis de longues semaines, les médias tentent de nous refourguer le facteur de Neuilly en opposant numéro 1 à Nicolas Sarkozy, et son parti en petite bête de la gauche de la gauche « qui-monte-qui-monte-qui-monte ». C’est beau comme une opération de com' tout droit venue de l’Elysée ! Mais à y regarder de plus près, le NPA, après une période d’euphorie, n’est pas au mieux de sa forme. Outre le « tassement » des intentions de vote qu'enregistre la formation anticapitaliste dans les sondages, c’est surtout du côté des militants que ça coince...
Au moment de son congrès fondateur, le NPA disait compter dans ses rangs plus de 9 000 adhérents (contre un peu plus de 3 000 pour la LCR). Aujourd’hui, une partie des nouveaux inscrits aurait déserté les réunions. Combien ? Difficile à dire. Jacques Morand, « chef » de file de la Fraction – L’Etincelle (un courant exclu de LO et qui forme aujourd’hui l’aile « gauche » du NPA) livre une estimation à la louche : « Ce qu’on peut dire, c’est que dans les réunions de définition de la ligne politique, il n’y avait déjà plus qu’entre 5 000 et 6 000 personnes présentes. Et dans les comités, c’est certain, il y a des gens qui ne reviennent pas. » Gilles Suze est militant NPA en Charente-Maritime. Pour ce vieux de la vieille plutôt situé à l’aile « droite » du parti et blogueur de son état, le constat est sensiblement le même : « C’est un vrai va-et-vient. Depuis janvier, il y a des gens qui ont participé à des réunions deux à trois fois puis ne sont plus jamais revenus. Ça concerne même des personnes qui ont participé au processus “constituant” ! »
Par Gérald Andrieu - http://www.marianne2.fr/
