Catherine Génisson : « L'hôpital a besoin de moyens humains supplémentaires »

Publié le par arrasmrc

dimanche 08.02.2009, 04:47 - La Voix du Nord

 Médecin urgentiste, Catherine Génisson est une abonnée des questions de santé à l'Assemblée nationale. PH. SAMI BELLOUMI

Mardi, à l'Assemblée nationale, Catherine Génisson présentera la motion d'irrecevabilité du groupe socialiste lors du débat sur la loi Bachelot. Elle est aussi première secrétaire fédérale de la plus grosse section socialiste de France... Rencontre.

 

> Cette loi Bachelot, qu'est-ce que vous en pensez ?« Vouloir réorganiser notre système de santé me semble une bonne idée, une vraie chance même. Ce qui m'inquiète, c'est que nous allons le faire dans un contexte économique difficile. Tous les hôpitaux sont en déficit (800 ME) et 20 000 postes (50 pour le CHA) seront supprimés d'ici fin 2009... Or, nous ne nous entendrons pas avec le gouvernement s'il n'admet pas que l'hôpital a besoin de moyens humains supplémentaires. La tarification à l'activité, c'est bien, mais cela donne trop de poids aux actes techniques et pas assez aux actes cliniques. De même, cela ne prend pas bien en compte toute la problématique de la précarité qui pèse sur le budget des hôpitaux public... Le projet de loi comporte des propositions intéressantes, mais j'ai peur que son application ne se fasse dans une logique économique. Or, on doit partir des besoins des gens... » > Les Agences régionales de l'hospitalisation deviendraient Agences régionales de santé... « Oui. C'est bien d'élargir leurs compétences. Ce qui l'est moins, c'est d'instaurer à cette occasion un système de gouvernance vertical, avec un directeur de l'Agence régionale de santé tout puissant, des directeurs d'hôpitaux seuls maîtres à bord... Cette organisation va entrer en collision avec celle - transversale - des pôles qui est tout juste en train de se mettre en place et qui permet de responsabiliser les équipes. C'est dommage.

 

Il y a autre chose qui m'inquiète dans le projet de loi Bachelot. C'est que la distinction entre public et privé n'est plus très claire. On parle de "structures hospitalières exerçant des missions de service public". J'aurais voulu voir réaffirmer que le service public est exercé par les hôpitaux publics. En cas de carence, des cliniques privées peuvent alors prendre le relais. À condition, bien sûr, de remplir le cahier des charges du service public : permanence des soins, accueil de tout le monde sans distinction de revenus, application des tarifs de la sécurité sociale... > On dit qu'à l'occasion de cette grande réorganisation, les urgences chirurgicales d'Arras pourraient partir à Lens ? « C'est une idée de l'ARH... Mais, il n'y a rien de fait. Personnellement, je trouve que ce serait une aberration. Les urgences du CHA accueillent 38 000 patients par an. Même si beaucoup d'entre eux repartent au bout de quelques heures, cela génère une grosse activité chirurgicale.

 

Pourquoi faudrait-il que ces patients (jambes cassées par exemple) aillent se faire opérer à Lens, alors que nous avons ici un excellent plateau chirurgical ? » > Vous êtes députée depuis onze ans... Vous avez travaillé sur de nombreux dossiers. Duquel êtes-vous le plus satisfaite ? « Il y a deux périodes bien distinctes. De 1987 à 2002, nous étions majoritaires. C'était très intéressant, car nous faisions vraiment les lois.

 

J'ai travaillé sur la santé, la couverture maladie universelle, le travail et bien sûr, la parité. Depuis 2002, nous sommes dans l'opposition. Ce n'est plus la même chose. Mais, il reste les missions parlementaires auxquelles je me débrouille toujours pour participer. C'est passionnant. Actuellement, je suis dans une mission sur la bioéthique. On rencontre les plus brillants médecins, chercheurs, philosophes, sociologues... » • PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE TOURBE

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Publié dans Santé

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