L’hôpital public, une bataille pour la gauche
« J’aimerais que vous compreniez que la France vous aime » a déclaré le président de la République lors de ses vœux aux personnels de santé. On pourrait sourire de cet insupportable cynisme si la situation n’était pas aussi grave. Loin des mots compassionnels, la vérité est là : la droite a depuis 6 ans fragilisé l’hôpital public, à coups de déficits budgétaires orchestrés, de contraintes savamment transvasées du privé vers le public, de carte hospitalière masquée et de non reconnaissance de ses personnels.
Elle entend aujourd’hui soumettre l’hôpital à une logique d’entreprise, en développant une culture de la rentabilité là où le service public assure l’essentiel : la prise en charge de l’humain et la vie.
La santé, comme l’environnement, ont souvent été considérés comme des sujets plus consensuels que d’autres. Nous devons impérativement re-politiser cette question. Parce que la droite et la gauche ont bien deux visions différentes de la santé et, a fortiori, de l’hôpital public. Pour nous, socialistes, l’égalité d’accès aux soins pour tous est notre première exigence, quand la droite crée les franchises et autres déremboursements. Pour nous, socialistes, le service public hospitalier doit rester au cœur de notre système de santé, quand la droite veut l’aligner sur les cliniques privées sans lui en donner les moyens, pour mieux le saborder.
C’est pourquoi, nous exigeons le retrait du projet de loi Bachelot qui, loin de résoudre les difficultés, les aggrave, dans un contexte de légitime inquiétude des personnels.
Et nous serons aux côtés de ceux qui se mobiliseront le 29 janvier pour défendre l’hôpital et tous les services publics, en même temps que les salariés du privé, face à l’impuissance gouvernementale devant la crise. Pour sauvegarder l’hôpital, les socialistes seront là !
Mireille Le Corre,secrétaire nationale à la santé et à la sécurité sociale